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17.03.2008 09:59
Lagrimas negras : un album précieux, à la rencontre du flamenco et de la musique cubaine

Réunissant deux grands artistes, Bebo Valdes, pianiste cubain de légende, et Diego el Cigala, jeune talent de la scène flamenco, "Lagrimas negras" est incontestablement à considérer comme un album exceptionnel qui ne pourra vous laisser indifférents
En guise de présentation, vous trouverez ci-dessous la traduction d'un extrait du texte écrit par Angel Gonzalez pour le livret de l'album :
Le charme irrésistible de l'ambiguïté
Sur ce disque insolite, le cantaor Diego El Cigala chante des boléros et des rythmes afro-cubains. Il chante de vrais boléros, en respectant la cadence propre au genre. Mais son timbre de voix, incontestablement gitan, les tournures et les mélismes du flamenco, auxquels il ne peut renoncer car ils font partie de lui-même, donnent aux chansons une part d'ambiguïté qui peut déconcerter. Qu'entendons-nous ? Une rumba, mais venue d'où ? Une guajira d'Andalousie, ou de l'autre rive de l'Atlantique ? Une zambra, ou un danzon ? Les doutes sont levés par l'extraordinaire piano cubain de Bebo Valdés, qui apporte le feeling et le rythme de la musique de son pays pour marquer avec autorité l'origine caribéenne de ce que nous écoutons. Cette certitude, cependant, n'invalide pas la composante flamenca qu'El Cigala ne peut s'empêcher d'apporter. Une composante que parfois Bebo Valdés recueille et développe à sa façon, à travers d'admirables variations improvisées. Il ne s'agit pas de concessions mutuelles et délibérées. Ici, tout est sincère et spontané. La passion et la vérité que chacun des deux interprètes met en jeu exercent un irrésistible pouvoir d'attraction sur l'autre. Il en résulte un extraordinaire mélange où la chanson caraïbe évoque le chant flamenco, et inversement.
Il arrive la même chose quand Bebo et El Cigala s'aventurent dans des territoires qui en principe leur sont étrangers, pour nous livrer de très personnelles déclinaisons du tango et de la bossa nova, dans lesquelles un violon (Federico Britos) et la voix de Caetano Veloso, qui récite un de ses poèmes au cœur d'une chanson de Vinicius de Moraes, deviennent des cachets qui certifient l'origine de produits, qui, si nous nous en tenions à l'apport du Cubain et du gitan, seraient peut-être difficiles à situer.
Le mélange gagne en richesse et en complexité grâce à la présence, en tant qu'invités, d'exceptionnels artistes, parmi lesquels rien moins que Paquito D'Rivera et Niño Josele. Leurs interventions illuminent d'éblouissants éclats certaines parties de l'ensemble, que nous percevons dans toute leur pureté, si l'on peut parler de pureté concernant les musiques d'Espagne et d'Amérique latine, issues à l'image de ceux qui les créent et les interprètent, des métissages les plus variés. Cet enregistrement fut peut-être conçu comme une expérience pour démontrer que, sous la diversité de ces musiques, se trouve un nombre plus ou moins grand d'éléments communs qui nous permet de reconnaître quelque chose qui nous est propre dans chacune d'elles.
Pour mieux vous convaincre ,
9 titres sont à écouter sur le site de la fnacmusic.com
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