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22.01.2010 05:49
Les 20 ans du Festival Flamenco de Nîmes

Conférence, cours de danse, deux concerts, sans oublier les manifestations organisées dans le cadre du Festival Off, ce vendredi 22 janvier ne risque pas de décevoir les nombreux passionnés de flamenco qui seront à Nîmes aujourd'hui !
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20 ANS DE FLAMENCO
Festival de Flamenco de Nîmes
du 7 au 23 janvier 2010
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PROGRAMME DU VENDREDI 22 JANVIER
à 12h30 - Jesús Antonio Pulpón, un personnage clé du Flamenco du xxème siècle
conférence par Carmen Pulpón
au Bar du Théâtre -
Une évocation analytique de Jesús Antonio Pulpón González, personnage clé de la diffusion et de la valorisation, nationale et internationale, du flamenco des années 1950-1990. Revenir sur cette figure permet d’évoquer les festivals flamencos, les échecs et les succès de Pulpón González, son oeuvre « d’impresario », à travers les points de vue de différents artistes et acteurs de son époque et de sa trajectoire professionnelle.
A l’issue de la conférence, projection de "Sindrome de pies y manos de Jesús Pulpón (fils)", 2009, 13 mn.
Carmen Penélope Pulpón Jiménez est licenciée en histoire contemporaine (Université de Séville) et s’est spécialisée dans l’étude de la danse flamenca, de « la femme dans le flamenco ». Membre de l’Agence andalouse pour le développement du flamenco, elle est aussi auteur d’articles. Elle vit et enseigne à Jerez.
à 17h - Tientos
Classe de danse par José Galván
Niveau moyen et confirmé - Durée 3h
Renseignements / Inscriptions Service des relations avec le public 04 66 36 65 00
à 20h - El Tiempo del diablo
au Théâtre de Nîmes (durée 1 h 45)
Un concert de Diego Carrasco
Diego Carrasco chant et guitare
Moraito Chico voix off enregistrée
“Las Peligro” : Joaquina Amaya, Carmen Amaya et Samara Amaya, choeurs
“Les Musiciens” : Curro Carrasco “de Navajita” guitare, Ignacio Cintado basse, Jorge Vidal guitare électrique, Juan Grande batterie, Ané Carrasco percussions et le groupe JARCHA
Mise en scène Pepa Gamboa - Collaboration artistique Antonio Álamo - Assistant à la mise en scène Carmen Díaz - Son Angela Olalla - Lumières Juan Luis Dominguez - Costumes Soledad Molina (Mangas Verdes)
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Diego Carrasco
La main noire posée sur les Gitans, c'est lui. Diego Carrasco, grand ogre du compás, antipape flamenco qui veille sur ses ouailles, tombe le masque : il est le diable.
Personnage vraiment atypique, Diego Carrasco est une référence absolue du flamenco actuel. Grande figure artistique, découvreur de talents, producteur, il est aussi guitariste, cantaor, danseur. Il est "le flamenco à lui tout seul". Un homme-orchestre charismatique sans qui le sang du flamenco actuel ne serait pas si vif. Dans le quartier Santiago de Jerez, les gosses l'appellent tonton, tout le monde connaît ses folies rythmiques, propre à son génie musical et son inspiration singulière, pop, rock, jazzy jusqu'à l'intégration de phrases classiques dans le jeu des guitaristes de ses spectacles tout à fait uniques. Il se nourrit du monde pour créer, dans un grand éclat de rire, une oeuvre aujourd'hui largement reconnue. Passionné, fougueux, libertaire, poète, fou… Jamais il ne perdrait de vue la pierre sur laquelle il bâtit ses délires, celle du flamenco des origines, des entrailles, l'art pur. | |  |
Né Diego Carrasco Fernandez en 1954 à Jerez de la Frontera, il étudie la guitare flamenca avec Rafael del Águila et accompagne sous le nom de "Tate de Jerez" des grands cantaors de Jerez comme Tía Anica la Periñaca, Tío Gregorio el Borrico, Fernando Terremoto ou Sernita de Jerez. Il joue aussi pour les danseurs Alejandro Vega ou Antonio Gades. Déjà, il expérimente le flamenco-rock et multiplie les collaborations (Manolo Sanlúcar dans Tauromagia, Camarón dans Soy Gitano, Paco de Lucia, Morente). Un tournant est pris vers 1984 quand Tate se fait appeler Diego Carrasco et devient chanteur de ses propres compositions. Le changement est radical, c'est une révolution personnelle. Il enregistre des disques qui ont plus de valeur artistique que de reconnaissance (Cantos y Sueños en 1984, Tomaketoma en 1987). Puis, en 1993, il publie Voz de referencia et A tiempo en 1994, qui touchent une plus grande audience. Diego se lance dans de nombreux projets avec Moraíto Chico, Tino Di Geraldo, Las Peligro ou Raimundo Amador, sa "famille". Il publie encore Inquilino del Mundo (2000) et Mi ADN flamenco (2004), où s'harmonisent pop, rock et flamenco. Il habite et travaille à Séville, où il réalise de nombreuses productions, disques et spectacles, de flamenco. Il est un invité régulier du festival de Nîmes.
El tiempo del diablo
Dans son dernier spectacle, présenté à la Biennale de Séville 2008, Diego Carrasco revisite son répertoire, et joue de nouvelles compositions. Le gourou de Jerez s'est entouré de jeunes artistes, dont un bon nombre de "Carrascos". Il apparaît littéralement comme un diable qui sort de sa boîte, par une fente rouge au fond de la scène. Dans son complet, il occupe la scène avec une aisance jouissive, il s'amuse devant un orchestre relativement statique et des chanteuses qui le soutiennent, jaleando. Comme Don Juan, il est condamné à séduire, alors que les thèmes, mélange audacieux de flamenco, de jazz et de rock, s'enchaînent rapidement.
Baroque, versatile, Diego dans sa barbe grise chante des paroles obscures ou populaires, ment, rit de capter l'attention avec autant de facilité, joue avec malice de ses faiblesses. La mise en scène est simple et signifiante, c'est sa présence qui anime les musiciens, il est, comme dans la vie, celui qui tire les ficelles, qui fait briller les lumières. Il est aussi maître du temps, via le compás, le rythme qu'il impose, le jeu du temps. Il s'adresse à des voix off, aux enfers (Moraito). Il se réinvente une nouvelle fois comme l'artiste le plus libre du monde flamenco.
à 22h30 - Inés Bacán / El Rubio de Pruna, Tomas Perrate et Manuel de Tañé
à l'Odéon (durée 2h environ)
Inés Bacán
Inés Bacán, chant
Antonio Moya, guitare
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Un cantaora de grande puissance, qui semble directement reliée au centre de la Terre : Inés Bacán chante avec naturel les émotions les plus profondes. À la guitare, Antonio Moya.
| | .jpg) | La voix ample d'Inés Bacán est comme la terre noire: profonde, ancienne, éminemment respectable. Elle chante avec une incroyable lenteur, sans soucis de plaire, sans jamais céder à la facilité. Digne, fascinante, elle l'a toujours été. Mais la disparition brutale de son frère, l'immense Pedro, a ouvert une blessure qui ne se referma jamais ("on m'a coupé les deux bras"). Elle en est encore plus isolée au sommet puisqu'elle avait révélé son chant alors qu'il jouait de la guitare, et avec quel génie, quelle vérité. Ils étaient apparus sur une scène d'Avignon en 1992, dans Nuestra historia al Sur. Puis, Pedro perdait la vie sur la route, en 1997. Par bonheur, un autre guitariste est entré dans le clan, Antonio Moya, et il n'y avait que lui (avec Moraito) pour accompagner ce chant merveilleux, qu'Inés continuait par fidélité. Elle a gardé intacte cette exigence qui était vibrante chez Pedro, la création, le dépassement de soi dans le but d'amplifier le flamenco hérité. On reste stupéfait de voir
cette femme timide chanter, en gardant les yeux fermés, avec la puissance d'un fleuve. "Passion", "solitude sonore", les titres de ses disques et de ses chansons sont explicites. Par contre, elle emploie volontiers des letras symboliques. Discrète, voire secrète, Inés serait un "cristal", comme le dit Antonio Moya avec poésie, une pierre précieuse produite par les siècles et cachée dans les entrailles. Autrement dit, un chant purement intérieur, nourri de la vie et du patrimoine familial mais sans apprentissage.
Née Inés Peña Peña à Lebrija, province de Séville, en 1952, dans une des lignées les plus fécondes de l'histoire du flamenco : arrière-petite fille de Piñini, fille de Chache Bastián Bacán, nièce de Fernanda et Bernarda, cousine d'El Lebrijano, de Pedro Peña et d'El Funi, soeur de Pedro Bacán. Inés Bacán ne chantait pas en public jusqu'à la décision de Pedro Bacán de la faire connaître. Dès lors, c'est avec lui qu'elle se produit, dans Nuestra historia al Sur (1990), Al son del 3 por 4, años del cante, etc. Dix mois après la mort de Pedro, son apparition à la peña de Tio Jose de Paula à Jerez a causé une vive émotion artistique chez les gitans du quartier de Santiago. Malgré cela, son art n'est toujours pas complètement reconnu dans les cercles familiaux, selon son propre aveu. Elle a
participé à une douzaine de disques, dont De viva voz (1995) ou Soledad Sonora, avec Moraito à la guitare. Elle a chanté aux côtés de Pepa de Benito à Nîmes en 2001 et avec Antonio Moya en 2006. Ces dernières années, elle a exploré des voies contemporaines avec Israel Galván et Diego Amador au piano dans le spectacle Tábula rasa. Le film Inés hermana mia de Carole Fierz (2005) évoque la complicité entre Inés et son frère.
Inés Bacán donne un récital classique qui montre l'étendue de son talent et sa capacité à exprimer de façon puissante et ample des sentiments profonds, comme la douleur ou la peine, jusqu'à en être presque dérangeante. Elle est accompagnée à la guitare par Antonio Moya, guitariste lui aussi très sensible qui a vécu à Nîmes avant de partir vivre en Andalousie, sa terre d'origine. Lié à Pedro Bacán, partageant le même type de jeu et de lyrisme, Antonio Moya est un fidèle du flamenco de Nîmes. Aux palmas : El Rubio de Pruna, Tomas Perrate, Tanetane.
El Rubio de Pruna - Tomas Perrate - Manuel de Tañé
Rubio de Pruna, Tomás de Perrate, Manuel de Tañe, chant
Antonio Moya, Eugenio Iglesias, guitare
Après le concert d'Inés Bacán, trois chanteurs et deux guitaristes enflamment l'Odéon pour la première des deux soirées à la façon du cafe cantante (suite de récitals).
Pour sa première participation à un concours, Antonio Flores Cortès "El Rubio de Pruna" a remporté le premier prix du concours de chant "Puerta de Alcudia" de Puertollano (dans la Mancha, en novembre 2008). Le "blond", venu du village de Pruna dans la province de Séville, s'est donc imposé comme le meilleur des cantaores devant 70 participants et un niveau de qualité très élevé. La guitare était savamment tenue par Antonio Moya. Aujourd'hui âgé de 26 ans, avec une belle voix très jonda, il est membre de la compagnie de Farruquito. | |  |
Né à Utrera, Tomás de Perrate est petit-fils de Manuel torres et apparenté à El Lebrijano, Pedro Peña ou Miguel Funi. Il fait ses premiers pas professionnels à Noël 1999 à Utrera disque "Navidad de Utrera"), puis apparaît sur différentes scènes et dans le spectacle "Raíces de luz", ou à la Feria mondiale de Flamenco. En 2002, il reçoit le "giraldillo al artista revelación" à la Biennale de Séville pour son spectacle "Campiña". Il y revient en 2004 avec Chocolate, Bernarda, El Funi, Pepita de Benito, Angelita Vargas. Son album "Perraterías" voit le jour l'année suivante, avec la guitare d'Antonio Moya. « Reproduire est la meilleur manière d’apprendre. Si tu ne baignes pas
dans la philosophie classique, tu ne sauras jamais t’adapter à celle d’aujourd’hui », peut-on lire dans une interview accessible à l'adresse: http://www.cafebabel.com/fre/article/26977/Tomas-de-Perrate-gitanflamenco.html
Originaire de Jerez, Manuel de Tañé chante pour le baile. Il a été très remarqué au festival de flamenco de Vancouver (2008) ainsi que derrière Juan Polvillo, Isabel Bayon ou dans la compagnie d'Antonio El Pipa. Il est le frère de la cantaora Tamara Lopez Creo (actuellement dans la compagnie de Rafael Amargo.
Antonio Moya est né à Nîmes de parents andalous. On le découvre aux concours de jeunes interprètes de la semaine flamenco, au début des années 90. Déjà, il accompagne Fernanda de Utrera ou El Funi. Mais c'est sa rencontre avec Pedro Bacán qui va être décisive, il intègre le "clan des Piñini", cette grande famille gitane qui est une des grandes lignées du flamenco. Il décide d'aller vivre en Andalousie. C'est dans cette formation, regroupant principalement des artistes de Lebrija que se déroule sa carrière professionnelle, jusqu'à la mort tragique de Pedro Bacán dans un accident de la route en 1997. Depuis lors, restant toujours le complice d'Inés Bacán ou de Pepa de Benito avec lesquelles il réalise concerts et enregistrements, il se met à accompagner de nombreuses autres figures du chant gitan andalou, Gaspar de Utrera, El Lebrijano, Manuel de Paula et Curro Fernandez. Comme Pedro Bacán, il fait partie de ces guitaristes qui jouent un rôle essentiel de direction artistique, tout en restant des accompagnateurs du chant. En 2000, il monte avec les artistes de Lebrija et les
Piñini le spectacle "Raices de luz y el patio de la Rumbilla" qui sera présenté à Nîmes. Grand admirateur du chant de Lebrija et d'Utrera, il enregistre un disque avec les derniers dépositaires vivants des chants anciens.
Né à Talavera de la Reina, c'est à Séville qu'Eugenio Iglesias a grandi. Petit-neveu de Melchor de Marchena, émerveillé par le flamenco familial, il se tourne vers la guitare. Il jouera pour Farruco, Manuela Carrasco, Angelita Vargas, Chiquetete, Raimundo Amador et beaucoup d'autres. Aussi compositeur, il s'est lié au chanteur Juan José Amador (ils ont laissé un grand souvenir lors de la soirée Trois voix pour l'histoire au festival de Nîmes en 2009) et a épousé la danseuse Manuela Vargas.
(Extrait du dossier de presse)
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