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16.04.2010 13:43
Denis Guermonprez nous écrit...

Fidèle et fervent client des retransmissions de corridas au Prado, Denis Guermonprez nous a adressé une première reseña, intitulée "Le pañuelo verde flote a Sevilla" que nous avons bien sûr plaisir à vous communiquer.
Le pañuelo verde flote a Sevilla
Tout amateur de corrida attend avec une certaine impatience Séville. Sa féria d’Avril constitue le baromètre annuel de l’aficion torerista. Bon an, mal an, on y observe l’évolution en début de saison des figuras, mais aussi et surtout, elle donne la température (devrais-je dire la pression ?) des ganaderias qui y envoient en général un lot choisi parmi les meilleurs produits du guarismo, cette année le 6 de 2006.
Et que voit on en ce moment ? Du 5 à gogo, donc des « cinqueños », quelquefois à la limite du présentable comme cela s’est passé chez les Palha présentés d’une manière inadmissible pour Séville. Et des toreros qui passent complètement à coté de ce qu’ils espéraient tant à leur date sévillane, comme Salvador Cortes manquant si cruellement de moyens qu’il devra rapidement en tirer les conclusions qui s'imposent, Ou comme ceux, blessés ou déchirés.
Les Victorinos d'hier ont été navrants. Tous sifflés à l’arrastre sauf le troisième. Pourtant bien présentés à part le sobrero, un mot vient hélas immédiatement à l’esprit face à leur prestation globale : flojos, en Français, faiblesse. La faiblesse tout comme la peste, devient endémique dans toutes les ganaderias. Cela rappelle la fable du sieur Jean de la Fontaine, "Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés"....Aujourd'hui, les figuras entre en piste, Juli, Castella, Perera, mais avec des toros du Ventorillo qui ne brillent pourtant pas souvent au firmament des oreilles méritées. Espérons que ces maestros en forme relèveront le gant pour rehausser aussi le niveau de la compétition qui est pour cette première semaine sévillane ayant habituellement quelques saveurs toristas, au plus bas : hier, le Cid a été quasi inexistant, il est vrai devant un lot des plus compliqués, César Jimenez n’a eu aucune option, tandis que le chef de lidia, le cabri Ferrera, a bien failli aller ad patres, coincé contre le burladero par le premier Victorino qui n'avait heureusement pas assez de mordant pour le transpercer. Il était totalement à sa merci pour une faute de débutant (suivant des interminables cites de loin) qui l'a amené à se déséquilibrer en marche arrière sur le monton de sable accumulé devant le burladero. Il avait alors joué avec le feu en mettant une paire "por dentro" et il a bien failli se faire clouer comme un papillon, ce qui n'aurait pas manqué de se passer avec un victorino un peu sur la dent. Mais les 6 (même 7 puisque le cinquième a été renvoyé aux corrales) ont été du même tonneau, sans race, sans bravoure, sosos, faibles, quasi inexistants à la pique, que des termes habituellement inusités et absents des reseñas consacrées à cette ganaderia qui a bien failli recevoir le pire des camouflets: faire repartir un sobrero aux corrales, ce qui aurait constitué une première dans la casa Martin and Son. Le président a sorti le mouchoir blanc dès l'appui de la seconde pique tripotée sur l'encolure du cardeno, car s'il avait attendu la sortie du tercio de pique, le nième gaufrage du fauve l'aurait immanquablement conduit à changer de couleur pour le mouchoir et opter pour le vert qu'il avait sorti quelques instants plus tôt pour celui qui l'avait précédé en piste. Dans Victorino il y a la racine victoire qui semble ne se conjuguer qu'au passé puisque l'année dernière aussi a été délicate pour eux. Comme pour nos têtes blondes, nous dirons qu'ils ne peuvent faire que des progrès. En tout cas, au Prado, le public de connaisseurs est actuellement larvé, silencieux, alors qu'il est prêt à s'enflammer à la première série. Mais pour le moment, seul les premier toros de Soto et de Macias ont fait flotter la délicieuse musique des ole lors d'un enchaînement de passes. C'est maigre en une semaine. Maigre comme un vendredi saint. Maigre comme une seule oreille distribuée pour les toreros de pié. Attendons celles, actuellement encore attentives, des ventorillos.
....Denis Guermonprez pour Culturaficion.
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