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28.04.2010 20:50
En attendant les prochaines retransmissions...

Denis Guermonprez, qui a suivi très régulièrement au Prado les retransmissions de la Feria de Abril de Séville, revient, pour Culturaficion, sur l'une des questions qui lui avait été posée, à savoir les trois passes classiques de quite à la cape.
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TROIS PASSES CLASSIQUES DE QUITE A LA CAPE (*)
Les tafalleras se font avec le revers de la cape (en général le coté jaune) et on a donc l'impression que le maestro se croise les bras devant le toro en faisant faire un demi tour à sa cape avant le passage du toro dedans. La cape reste alors à peu près perpendiculaire au sol. Le toro fait des allers et retours tout droits et ainsi le maestro a une fois la main droite à l'extérieur et la fois suivante c'est la main gauche, etc...et quand le toro passe dans la cape, c'est la même fin qu'une pecho à la muleta.
Les gaoneras se font avec les mains dans le dos. C'est pour cela que quand un maestro se prépare à une telle figure, il place (cette séquence est « à vide » sans citer le toro) ses mains normalement sur la cape, côté violet devant, puis, en les gardant en place, il la passe dans son dos en la faisant circuler au dessus de sa tête, un peu comme pour un lent farol qui serait décomposé mais en tenant la main gauche sur le bout de la cape. Il est alors en place pour exécuter ses gaoneras. Quand le toro passe dans sa cape, le torero tourne dans le sens de la charge, un peu comme s'il faisait le contraire d'une chicuelina en accompagnant le passage. Puis par un mouvement de balancier, il recevra le toro alternativement à droite et à gauche sur un demi tour, se retrouvant face au toro qui aura tourné aussi sur lui même pour revenir linéairement. Certains inversent le sens de leur prise de cape avant de la mettre en place dans le dos pour proposer le coté jaune au toro et non le violet...c'est rare mais je l'ai vu faire ! Tous ceux qui offrent le bon coté doivent aussi rabattre les deux pans de la cape sur le coté, une fois fait l’enfilage de la cape au dessus de leur tête sinon ils présenteraient de face, un leurre complètement bicolore à leur adversaire !
Vidéo: www.youtube.com
Pour finir, les navarras sont des delantales* (sortes de véroniques bras figés) dans lesquelles le torero pivote en plus d'un tour sur lui même (donc un tour et demi pour se retrouver en suerte face au toro qui lui aussi aura tourné). Il peut enchaîner du même coté pour avoir à tourner sur lui même toujours dans le même sens, mais alors, il ne lui faut pas avoir le tournis, ou alterner les sens, ce qui aura l’avantage de vérifier les capacités bilatérales d’embistement.
*Les delantales sont souvent utilisées pour amener le toro à la pique.
On peut rajouter à cela, les afaroladas, quand le torero effectue une de ces passes-là, mais en faisant passer la cape au dessus de sa tête après le passage du toro.
Existent quelques variantes comme les lopecinas qui sont en fait des tapatias mexicaines (passes d’ornement appelées aussi zapopinas ou serpentinas) remises au goût du jour par Julian Lopez « El Juli » d'où leur nouveau nom. Puis aussi des plus rares rogerinas et d’autres passes prenant le nom de leur créateur.
Voir le site très complet http://blancoyoro.blogspot.com
Et ici quelques vidéos d’illustration :
les delantales
les tafffalleras
les navarras
et de belles choses ici : aportagayola.wordpress.com
Voilà, pourtant une explication visuelle est plus simple en deux coups de cuillères à pots.
(*) Un éclairage demandé par certain(e)s. Autant en faire profiter tous entre la fin d'un Séville calamiteux (à part pour le Juli et Manzanares), et l'attente de Madrid qui, espérons-le, remettra quelques pendules à l'heure côté ganaderias. Le titre de ma reseña parlant du mouchoir vert a semblé d'une acuité percutante à Séville, plaza pourtant réputée assez distante de la pratique. On frémit à l'idée des réactions lancinantes du Tendido 7 pour la nouvelle mouture de la san Isidro.....Ils risquent de s'en donner à coeur joie, sachant qu'on a entendu sur les gradins de la Maestranza, quelques salves en forme de triples claquements de mains, signatures sonores très typiques des usagers du 7 quand leur mains n'agitent pas frénétiquement le pañuelo de devolución a los corrales....Quelque chose me dit que Florito va avoir un surcroit de travail avec ses cabestros récupérateurs de bétail invalide. Car comme le dirait avec sa gouaille habituelle un acharné du mouchoir vert à la Monumental, "Séville accepte l'intolérable, pas las Ventas, il est temps de renvoyer à leurs chères (!) études, les ganaderos qui nous imposent des impotents. Ils nous endorment. Nous leur proposerons des retours au bercail par wagons. Le toro de combat que l'on attend n'est plus ce qui promène ses incapacités sur le sable actuel des ruedos". Cela promet .....
Pourtant, les cornes ont fait de gros dégâts ces derniers jours, en particulier à Aguascalientes où l'on semble hélas, revivre de triste mémoire, l'épisode Paquirri.
Denis Guermonprez.
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