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28.07.2010 13:47
Denis Guermonprez nous écrit...

Peut-être êtes-vous de ceux qui s'interrogent sur le refus de certaine présidence d'accorder la 2ème oreille quand la prestation du torero vous a semblé parfaite... Suivez donc, pour mieux comprendre, les explications de Denis !
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ANALYSE DU JULIPIE EN HUIT PHOTOS
Plusieurs fois ces derniers temps, le maestro El Juli s’est vu refuser une deuxième oreille, propriété exclusive des vœux du Président, et ce, malgré des faenas de tout premier plan qui avaient soulevé l’enthousiasme du public dans les gradins. Prestation globale faisant fleurir une pétition de seconde restée lettre morte.
A ma connaissance, personne n’a encore à ce jour, disséqué la suerte de matar du maestro. Pour les lecteurs de Culturaficion, je l’ai fait et peut être à la fin de cet article comprendrez vous les raisons qui ont amené certains palcos à cette dénégation de deuxième appendice synonyme de puerta grande.
La séquence parle d’elle-même. On est loin, vraiment très loin du volapié classique employé actuellement plus de neuf fois sur dix, lui-même ayant remplacé dans le toreo moderne, l’antique recibir et son panachage de l’encuentro. Ivan Fandiño avait il y a trois ans à Bilbao, essayé sans succès de remettre au goût du jour un autre vol au dessus du berceau du toro, une espèce de saut périlleux épée en mains, qu’il rata deux fois sous un déluge de sifflets l’incitant d’ailleurs à ne plus la tenter depuis.
Là, la séquence du Juli est plus sournoise car pour un œil non averti, (tout se passe si vite qu’il est difficile à vitesse normale d’en apprécier toutes les ficelles), elle peut donner l’impression de suivre les canons classiques. Il n’en est rien : la preuve.
 | | Photo 1 :
toro cadré et équilibré tète abaissée comme il le faut. Bouche entrouverte. Maestro de face. Sortie naturelle |
 | | Photo 2 :
voilà le secret : départ sur le pied droit à 45° à gauche, et NON PAS dans l'axe du toro par le pied gauche qui aurait du avancer. La muleta reste dans un plan perpendiculaire. Toro encore immobile, le maestro a déjà fait son pas à droite |
 | | Photo 3 :
Le toro déclenche sa charge vers la muleta toujours verticale et translatée vers le museau. Juli a le bras encore plié il a ramené sa jambe gauche sur la ligne à 45° par rapport à l'axe de charge. La projection de son centre de gravité est au milieu de ses deux pieds assurant l'équilibre. Le toro engage les mains d'abord en se projetant vers la muleta, baissant la tète et toujours dans l'axe |
 | | Photo 4 :
Extension conjointe du train arrière du taureau et saut du Juli dont l'épée n'est ABSOLUMENT PAS dans le prolongement du bras droit (l'angle devrait être 180° il est de l'ordre de 130°). Le corps du maestro n'est pas dans le plan vertical contenant queue, épine dorsale, museau, milieu des cornes et perpendiculaire au sol. Il est aussi décalé de 45 ° par rapport à l'axe de charge. Au lieu d'être dans le berceau des cornes, il est totalement à l'abri, même si le toro relevait brusquement la tète. L'épée s'enfonce comme si le Juli donnait un crochet du droit la force vient de l'épaule, du coude et de la vitesse obtenue par le dégagement du corps |
 | | Photo 5 :
là tout se passe aussi très vite et est analysé photo suivante. Le Juli commence à retomber de son saut. La lame entre très verticalement. Au moment où le Juli termine sa bascule, le toro, lui, est sur ses mains, pattes en extension, engageant le pas qui permettra de relever la tète. Mais AUCUN RISQUE pour l'intérieur de la cuisse droite du maestro: elle est à un bon mètre (longueur de son bras déployé) du piton droit et hors d'atteinte car ses hanches vont continuer à tourner jusqu'à ce que le Juli se retrouve avec son dos sur le flanc droit de l'animal. Reins contre reins. |
 | | Photo 6 :
Justement, le toro relève la tète et est parfaitement détourné par la main gauche que le Juli croise (très bien d’ailleurs). Il ne voit plus l'œil du toro, moment si dangereux dans le vrai volapié. Il est encore en l'air et ses jambes sont maintenant parallèles à l'axe du toro. Il termine son estocade comme on referme le couvercle d'une casserole tandis que le toro réengage les postérieurs (pattes). Il faut beaucoup de force dans les pectoraux droits du maestro pour pouvoir ainsi se mouiller les doigts dans ce type d'estocade ici un peu trasera et verticale quand même. |
 | | Photo 7 :
Atterrissage du Juli sur la jambe gauche. Le toro relève tout l'avant de son corps. mais le Juli a maintenant la tète au niveau de l'épée et il regarde sa main comme s'il se versait une coupe de champagne |
 | | Photo 8 :
Sur son élan, le toro suit celui du maestro en tournant sur sa droite pour suivre la muleta... Mais le Juli, en se vissant sur lui même (ce qui le dégage encore plus) dans le sens horaire, est déjà près de la cuisse droite du toro, bien à l'abri aussi d'un fauchage de jambe bien improbable puisque le toro pivote aussi sur ses mains quasi immobiles pendant que sa croupe décrit un arc de cercle centré justement sur ses mains. La suerte est terminée. L'épée sera efficace quoiqu’orthodoxe. Il aura les deux oreilles à Mont de Marsan, celles-là refusées pour les mêmes raisons d'estoc à Pamplona par l’homme en frac si décrié par le public et la presse. |
Remarque :
Les pattes avant du toro sont en fait toujours appelées les mains.
Les pattes sont donc celles d’arrière.
Elles vont jusqu’à l’omoplate puisque le guarismo est affiché sur la main.
Antérieurs et postérieurs sont plutôt utilisés pour la cavalerie.
Denis Guermonprez
pour Culturaficion.
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